Je peux de nouveau me reposer.
Comme si de nouveau la perspective d’un voyage ne m’intéressait plus. Pourtant je suis en marche. Toujours sans aucune idée de ce qu’il y aura derrière la prochaine porte. J’avance. Je ne sens plus les présences par dizaines prêtes à m’exiger des explications et me claquer la porte au nez.
Peut-être qu’il y a un chemin de portes inconnues qui suit. Peut-être pas.
Le dédale est peut-être un réel endroit où je suis emportée sans savoir ce qu’il me doit. À savoir, bien plus de chemins que ce qu’il laisse paraître. Quant à moi et ces matières et ces couleurs que j’ai entre les mains, je devrais pouvoir repeindre ce dédale si ça m’amuse. Personne n’en saura rien. Personne ne saura que c’est moi. Et on s’en fichera tous. J’irai peut-être à travers mes couleurs et mes matières, contre d’autres chemins. Je laisserai des traces que personne ne verra parce que personne ne connait mes mots. Comme moi, je ne peux pas ouvrir certaines portes car je ne les vois même pas. Peut-être que d’autres que moi peignent les murs. Peut-être qu’ils gribouillent sur des portes et que je ne peux simplement pas les lire.
Et tant pis. Je ne peux tout pas apprendre. J’irai avec mes mots, mes matières, mes couleurs.
Bonjour ou bonsoir. Je suis une vieille conne sans talent parmi des milliards d’êtres humains. Peu intéressante. Et quitte à ne servir à rien, je rajoute un poids inutile à la toile saturée que je n’aime plus.